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Côte d’Ivoire : censure, violence et liberté de presse. Le Syndicat national des journalistes de Londres (NUJ) dissuade le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, de ne pas emprisonner les journalistes de la Côte d’Ivoire.

27 June 2017 19,420 views 16 Comments
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 La liberté de presse reste un droit fondamental : l'article 1 du Code de déontologie et principes de la FIJ sur la conduite des Journalistes reste très univoque. The Bridge MAG. Image


La liberté de presse reste un droit fondamental : l’article 1 du Code de déontologie et principes de la FIJ sur la conduite des Journalistes reste très univoque.
The Bridge MAG. Image

La sécurité des journalistes et la liberté de presse défraient la chronique  au  Royaume-Uni et dans le monde entier  au moment où la  NUJ condamne l’emprisonnement des journalistes de la Côte d’Ivoire.

Le Syndicat national des journalistes de Londres s’associe à la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) pour exercer une pression sur le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara, de libérer Hamadou Ziao et six autres journalistes de la prison.

L’édition 2017 du Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) est marquée par la banalisation des attaques contre les médias et le triomphe d’hommes forts qui font basculer le monde.

La Fédération Internationale des Journalistes, première organisation mondiale de journalistes  (600.000 membres dans 140 pays), a dénoncé, le mardi 14 février 2017, l’arrestation et la détention de six journalistes ivoiriens le 12 février 2017.

Selon l’Union Nationale des Journalistes de Côte-d’Ivoire (UNJCI), affiliée  à  la FIJ, ces journalistes   ont été convoqués, arrêtés et écroués par la gendarmerie nationale, puis à la gendarmerie du camp d’Agban à Abidjan, la capitale. Il s’agit de

  • Coulibaly Vamara, directeur de publication de Soir Info et de l’Inter ;
  • Yacouba Gbané, directeur de publication de Le Temps et LG Infos
  • Bamba Franck Mamadou, directeur de publication de Notre Voie
  • Hamadou Ziao, rédacteur en chef de l’Inter  
  • Ferdinand Bailly, Journaliste à Le Temps
  • Jean Bédel Gnago, correspondant de Soir Info à Aboisso.

Selon les faits, le procureur de la République du tribunal d’Abidjan, Adou Richard Christophe, reproche aux six journalistes ivoiriens d’avoir « publié des informations relatives à un accord signé entre l’État de Côte-d’Ivoire et l’unité des Forces spéciales qui s’était mutinée le mardi 7 février 2017. »

Dans le même registre, le 6 Juin 2017, un journaliste  de The Guardian de Londres  est privé de liberté en Russie par la police Russe pour avoir couvert  une manifestation anti-corruption à Moscou.

Trois journalistes ont déjà été jugés pour les mêmes chefs d’accusation :

La journaliste russe Sofiko Arifdjanova –procès  ouvert depuis le  9 juin 2017. Elle a été arrêtée et mise en examen pour “participation à un rassemblement non-autorisé” alors qu’elle couvrait une manifestation anti-corruption à Moscou.

Alexandre Nikichine (Otkrytyï kanal) a été condamné à 4 jours de détention administrative.

Le photographe Roman Demianenko (Ria-Voronej) a, lui, écopé d’une amende de 500 roubles.

Pour l’instant, seul le journaliste Alec Luhn (The Guardian) qui a été accusé d’avoir pris part à un rassemblement non-autorisé et d’avoir scandé des slogans en russe, a été acquitté.

Reporters sans frontières (RSF) a  demandé l’acquittement immédiat  de tous les journalistes suscités et appelé les autorités russes à respecter les droits des journalistes à couvrir un événement.

Tout comme le président de la Côte d’Ivoire, la FIJ a rappelé que son gouvernement devrait respecter la liberté de la presse et par conséquent ne pas emprisonner les journalistes ivoiriens dans le cadre de leur fonction.

La question qui brûle les lèvres est de savoir si la liberté de presse reste  un droit fondamental ?

L’article 1 du Code de déontologie et principes de la FIJ sur la conduite des Journalistes reste très univoque.

Un journaliste doit  1. «  Respecter la vérité et le droit que le public a de la connaître constitue le devoir primordial du journaliste. »

Le Code de déontologie et principes de la FIJ  a été adopté en 1954 lors du Congrès mondial de la Fédération internationale des journalistes. 

  • L’importance de la liberté de presse.

En  journalisme, la liberté de la presse est absolue et reste  une composante essentielle et fondamentale de toute démocratie. 

La fonction primordiale de la presse consiste à donner  aux citoyens les moyens de développer leur sens critique, d’évaluer leurs représentants et leurs administrateurs, afin de  former leur jugement politique.

Cette liberté d’informer et la démocratie sont si étroitement liées que la liberté de presse ne saurait être limitée sans mettre en danger les droits politiques de chaque citoyen.

La liberté de presse devrait toujours être scrupuleusement préservée et surveillée, quelle que soit la pression exercée par les puissants et les riches.

Réciproquement, la presse devrait   également être responsable de ses propres normes et éthiques. L’article 2 du Code International du Journalisme précise :

« Conformément à ce devoir, le journaliste défendra, en tout temps, le double principe de la liberté de rechercher et de publier honnêtement l’information, du commentaire et de la critique et le droit au commentaire équitable et à la critique loyale. »

  • La responsabilité  du journaliste comme socle du processus de  publier l’information
La liberté de presse devrait toujours être scrupuleusement préservée et surveillée, quelle que soit la pression exercée par les puissants et les riches. The Bridge MAG. Image

La liberté de presse devrait toujours être scrupuleusement préservée et surveillée, quelle que soit la pression exercée par les puissants et les riches.
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Il n’est pas toujours aisé de critiquer les puissants et les riches, surtout lorsque vous comptez sur eux pour vivre.

Souvent, le journaliste ignore l’intérêt public pour protéger les intérêts  des industries publicitaires, des hauts fonctionnaires  de l’État, des politiciens et autorités gouvernementales ou les propriétaires de médias.

Lever le voile sur des pratiques illégales des maîtres du monde reste l’une des plus grandes difficultés du journaliste.

Troquer sa liberté ou sa vie pour une chronique ou  quelques gouttes d’encre sur du papier,  la passion  de révolutionner le monde par le journalisme  peut être redoutable.

Ce double concept – de liberté / responsabilité du journaliste  – peut métaphoriquement être comparé à une épée à  double tranchant. 

Afin de négocier les défis impliqués, les journalistes doivent intégrer la responsabilité éthique en tant que principe inaliénable de leur intégrité professionnelle, indépendamment des pressions économiques, personnelles ou politiques auxquelles ils sont confrontés.

Le philosophe allemand Emmanuel  Kant (1724-1804) -Fondements de la métaphysique des mœurs – a inclus la notion de  devoir dans sa troisième notion  de «l’impératif catégorique» – une notion  qui devrait servir de source d’inspiration aux journalistes. Il se lit comme suit: «Agissez de telle sorte que vous traitiez l’humanité, que ce soit dans votre propre personne ou dans celle d’autrui, toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen».

La liberté d’expression devrait être érigée en  valeur universelle. C’est l’un des droits humains fondamentaux qui jouent un rôle essentiel dans notre société. La censure de la liberté de presse peut être perçue comme  un symptôme de régime autoritaire.

Les régimes autoritaires  sont caractérisés par un régime de parti unique, n’admettant aucune opposition organisée et dans lequel l’État tend à confisquer la totalité des activités de la société.

Les régimes totalitaires et les dictatures utilisent souvent des idéologies despotiques, pour prendre  toutes les décisions nationales et pour contrôler ou supprimer les droits et les libertés des citoyens. La liberté de la presse est une composante fondamentale de la capacité d’une société à  mettre sous la sellette les plus puissants.

 

 

L’éditrice

Rachel Tcheungna

 

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